Visa LTR Thaïlande : pouvez-vous en bénéficier ?
Le LTR peut vous permettre de vivre en Thaïlande jusqu’à dix ans, avec un contrôle à mi-parcours. Mais ce visa ne s’adresse pas à tous ceux qui souhaitent rester longtemps. Il concerne certains retraités, des personnes disposant d’un patrimoine important et des professionnels répondant à des conditions précises. Pour savoir s’il vous convient, le plus utile est de partir de votre situation, puis de regarder ce que vous devrez prouver.
Sommaire
Dix ans de visa : comment cela se passe-t-il ?
Le LTR, pour Long-Term Resident, accorde d’abord jusqu’à cinq ans de séjour. Pour obtenir les cinq années suivantes, vos conditions sont vérifiées à nouveau. Vous devez aussi les respecter entre-temps : changer d’employeur ou vendre un investissement utilisé pour le dossier peut avoir des conséquences sur le visa.
Pour quelqu’un qui reste longtemps, un avantage pratique est la déclaration d’adresse annuelle, à la place de celle qui revient normalement tous les 90 jours. Une nouvelle entrée dans le pays fait repartir le calcul selon les règles du BOI. Ce séjour plus long et ce suivi allégé expliquent l’intérêt du LTR ; ils ne dispensent pas de remplir ses conditions.
Quatre situations qui peuvent ouvrir l’accès au LTR
Le BOI, l’organisme thaïlandais chargé d’étudier votre demande, distingue quatre catégories. Leurs noms sont en anglais, mais ils renvoient à des situations assez concrètes.
Vous disposez d’un patrimoine important
La catégorie Wealthy Global Citizen demande au moins 1 million USD d’actifs au total, dont 500 000 USD investis en Thaïlande selon les règles du BOI. Depuis la révision de 2025, elle n’impose plus de revenu personnel annuel minimum. Autrement dit, le dossier repose ici sur ce que vous possédez et avez investi, pas sur le montant de votre salaire.
Vous êtes déjà retraité
La catégorie Wealthy Pensioner s’adresse aux personnes retraitées d’au moins 50 ans. Il faut percevoir 80 000 USD par an de pension ou de revenus passifs, ou 40 000 USD au minimum avec 250 000 USD investis en Thaïlande. Un salaire et des honoraires ne sont pas des revenus passifs. Des retraits de votre capital ne suffisent pas non plus, sauf traitement particulier des sommes clairement issues de comptes ou fonds de retraite que le BOI peut examiner.
Vous êtes salarié et travaillez à distance
Pour le Work-from-Thailand Professional, vous devez prouver un emploi auprès d’une entreprise étrangère et un revenu moyen d’au moins 80 000 USD par an sur les deux années précédentes. Le seuil descend à 40 000 USD si vous remplissez une condition supplémentaire : diplôme de master ou supérieur, propriété intellectuelle, ou financement de série A répondant à la règle du BOI, d’au moins 1 million USD.
Votre employeur doit lui aussi répondre aux critères. Il peut être coté en Bourse ; s’il s’agit d’une société privée, il doit notamment avoir au moins trois ans d’activité et 50 millions USD de chiffre d’affaires cumulé sur trois ans. Une filiale détenue à 100 % par une entreprise remplissant l’une de ces conditions peut également convenir. C’est pourquoi un bon salaire ou un chiffre d’affaires de freelance élevé ne suffit pas à lui seul.
Vous venez exercer un métier hautement qualifié
La catégorie Highly-Skilled Professional concerne certains emplois ou missions en Thaïlande, dans des secteurs ou organismes visés par le BOI : numérique, santé, ingénierie, recherche ou enseignement, par exemple. Il faut regarder l’activité exacte, pas seulement le titre du poste.
Le revenu moyen demandé est généralement de 80 000 USD par an sur les deux années précédentes. Il peut être de 40 000 USD avec un master en sciences ou technologies, ou une expertise répondant aux critères. Certains emplois dans des universités, instituts de recherche, organismes de formation spécialisés ou autres organismes publics sont dispensés du minimum de revenu. Un professionnel retraité des sciences et technologies peut, sous les conditions prévues, présenter ses revenus antérieurs à la retraite.
Que signifie « investir en Thaïlande » pour ce visa ?
Pour les catégories patrimoine et retraite, il ne suffit pas d’avoir la somme sur un compte à l’étranger. Le BOI accepte notamment certains biens immobiliers, des obligations d’État avec une durée restante suffisante et des investissements dans des entreprises ou fonds répondant à ses règles. Vous devez déjà détenir l’investissement au moment de déposer la demande.
Si vous comptiez acheter un logement après l’obtention du visa, ce calendrier change donc votre préparation. Ne faites pas un achat uniquement sur la promesse du LTR : l’investissement comporte ses propres risques et ne garantit pas l’accord. Le BOI examine aussi les autres conditions et les titres qui prouvent ce que vous détenez.
Faut-il une assurance ? Et si vous partez en famille ?
Pour le demandeur principal, le BOI prévoit trois possibilités : une assurance couvrant au moins 50 000 USD de soins en Thaïlande, une protection sociale acceptée, ou 100 000 USD en banque conservés depuis au moins douze mois. L’assurance doit encore couvrir au moins dix mois à la date de l’attestation d’éligibilité. Le dépôt est une alternative documentaire, pas le prix du visa.
Votre conjoint légal, vos parents, vos enfants de moins de 20 ans et certaines personnes légalement à charge peuvent aussi déposer une demande. Chacun doit prouver son lien avec vous et remplir ses conditions. Pour leur couverture médicale, les règles prévoient notamment l’assurance ou la protection sociale acceptée, ou un dépôt supplémentaire d’au moins 25 000 USD par personne, conservé douze mois. L’accord donné à votre dossier ne délivre donc pas automatiquement les visas de toute la famille.
Ce que le LTR change pour le travail et l’impôt
Le LTR Work-from-Thailand permet de poursuivre l’emploi à distance prévu dans le dossier. Il ne permet pas de prendre en plus un travail rémunéré auprès d’un employeur thaïlandais : le BOI exclut le permis de travail pour cette catégorie. Les autres catégories LTR peuvent demander l’autorisation de travail correspondante lorsqu’elle est nécessaire.
Côté fiscalité, trois catégories peuvent bénéficier, sous conditions, d’une exonération thaïlandaise sur certains revenus étrangers apportés dans le pays : patrimoine, retraite et Work-from-Thailand. Le taux de 17 % concerne séparément certains revenus d’emploi local des Highly-Skilled Professionals. Ce ne sont ni une exonération de tous les revenus ni une réponse aux impôts dus dans un autre pays. Faites examiner votre cas par un professionnel fiscal qualifié si cet avantage pèse dans votre décision.
Du dossier BOI à la délivrance du visa
Vous commencez par une demande en ligne auprès du BOI, qui examine les justificatifs de la catégorie choisie. Son examen est gratuit. Après approbation, la délivrance en Thaïlande coûte 50 000 THB par personne ; à l’étranger, le tarif du consulat s’applique. N’annulez pas votre visa actuel pendant que la demande LTR est encore à l’étude : attendez les instructions pour la suite.
Les documents peuvent venir de plusieurs endroits : banque, employeur, assureur, registre immobilier. Notre accompagnement LTR prépare la demande à partir de ces pièces et suit les échanges avec le BOI. Vous pouvez ainsi nous confier le suivi du dossier pendant que vous préparez votre installation.
Si vous ne remplissez pas les conditions du LTR
Cela ne ferme pas votre projet de Thaïlande. Pour une retraite avec des revenus moins élevés, comparez les visas retraite Non-O et O-A. Pour une activité à distance dont l’employeur ne répond pas aux exigences LTR, ou une activité indépendante, le DTV peut être plus adapté. Chaque visa a ses conditions ; le plus long n’est utile que s’il convient à votre situation.
Vous préparer à vivre sur place
Une fois le visa envisageable, le projet devient très concret : choisir une ville, trouver un logement, prévoir les soins et organiser le départ. Notre guide d’expatriation vous aide à avancer sur ces questions sans les découvrir seulement après l’accord du BOI.
Avant de réunir toutes les pièces
Commencez par la condition qui peut décider de votre demande : le montant et la nature de votre retraite, l’investissement déjà détenu, l’entreprise qui vous emploie ou le poste que vous occuperez en Thaïlande. Si ce premier point est rempli, vous pourrez préparer les autres justificatifs. S’il manque, mieux vaut regarder un autre visa avant de payer une assurance ou un investissement en pensant que le LTR est acquis.

